Pendant que la Grèce s’enfonce, l’Espagne remonte graduellement du fond du gouffre

Le Temps - 22.06.2015

Les deux pays ont été frappés par la crise et ont adopté des mesures de redressement en échange de l’aide extérieure. L’Espagne est un contre-exemple de la Grèce. Pour elle, tout a commencé en 2008, avec l’explosion de la bulle immobilière.

Grâce aux fonds européens de développement, mais aussi à une économie mondiale vigoureuse depuis 2001, l’économie espagnole avait connu un boom sans précédent, notamment dans la construction. Mais comme aux Etats-Unis, les promoteurs immobiliers et les banques avaient encouragé la population à acquérir des logements, parfois avec zéro fonds propres et à des taux d’intérêt insignifiants. Même des personnes sans emploi fixe et des étrangers sans papier avaient été encouragés à devenir propriétaires. Lorsque la crise des «subprime» a touché le continent européen, le marché de la construction s’est retourné en Espagne, comme en Irlande. Entre 2007 et 2009, les prix des logements ont chuté de 20 à 25%. Fin mars 2009, l’Espagne comptait 700 000 maisons sur le marché qui ne trouvaient pas preneur.

Lorsque la construction s’est arrêtée, des milliers de travailleurs se sont retrouvés dans la rue d’une semaine à l’autre. Plusieurs dizaines de milliers d’entre eux qui avaient contracté un emprunt bancaire ne pouvaient plus rembourser. Résultat: les banques se sont retrouvées avec des milliers de logements sur les bras. La Caja Castille-La Mancha, établissement régional de prêts immobiliers a été la première banque à être secourue en 2009. Mais ce n’était pas la seule. Plusieurs grandes banques mais aussi des établissements régionaux ont été fragilisés par des créances pourries. Dans un premier temps, Madrid affirmait pouvoir aider les banques lui-même, mais a dû finalement se résigner à frapper à la porte du Mécanisme européen de stabilité, empruntant un total de 41 milliards d’euros. La monnaie de change est connue: des mesures d’économies et des réformes structurelles. Entre-temps, le chômage avait dépassé un taux de 23% de la population active. Le programme d’aide s’est arrêté en décembre 2013.

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