Les banquiers jouent des coudes en Espagne

TDG - 05.09.2017

FinanceLe nombre de clients fortunés augmente davantage qu'ailleurs. Les banques suisses s’intéressent aussi aux villes secondaires.

Madrid est évidemment incontournable. Tout comme Barcelone. Mais Valence, Bilbao, Séville ou Saragosse semblent attirer aussi les banquiers helvétiques. En mars 2015, la banque genevoise Syz avait renforcé son implantation en Espagne en ajoutant un bureau à Saragosse, après des ouvertures à Madrid, Barcelone et Bilbao. L’établissement genevois était alors associé au groupe financier madrilène N+1 (renommé Alantra). L’an dernier, la société genevoise a vendu sa part, désirant rester seule à bord pour ses développements locaux. Une de ses entités (asset management) vient cependant d’annoncer l’ouverture d’un bureau à Madrid, pour y profiter des avantages du «passeport européen» lui permettant de fournir des services à distance ou via des succursales locales en Europe. Donc, Syz reste convaincu du potentiel de ce marché.

Car, à l’ombre d’Amancio Ortega, le fondateur de Zara tapi en Galice, de nombreux entrepreneurs espagnols ont fait fortune. Selon le consultant Wealth-X, qui publie des rapports sur les plus fortunés, le nombre de «très riches», possédant au moins 30 millions de francs, a augmenté de 2,5% en Espagne l’an dernier. Ces 3190 personnes sont recherchées puis cajolées par tous les gérants de fortune. Certes, en nombre absolu, ces Espagnols sont moins nombreux que les Suisses (5'940 richissimes), les Allemands ou les Français. Mais le marché espagnol est en progression, contrairement à ces trois autres pays européens. Chez Mirabaud, la «reconquista» a débuté à Madrid et Barcelone. Depuis 2015, la banque genevoise a épinglé deux autres villes sur sa carte ibérique, Valence et Séville. Et ce n’est pas fini.

Ces développements concernent aussi d’autres pays européens. Le casse-tête de l’échange automatique d’informations, qui entrera en vigueur le 1er janvier prochain, explique aussi ce mouvement, malgré les coûts d’installation, qui sont importants. Une succursale doit d’abord recruter des dirigeants locaux, bien implantés dans leur sérail. Donc, investir pour les débaucher.

Une société, House Invest Spain, vient de s’installer à Genève pour aider les entreprises et les groupes financiers suisses à s’implanter en Espagne. Sa fondatrice, Belen Bianchi, est convaincue du «potentiel économique» de son pays d’origine. Mon projet, ajoute-t-elle, a été de «créer un service complet à la carte» destiné aux investisseurs intéressés par l’Espagne, que ce soit dans le domaine financier, immobilier ou entrepreneurial.» Les locaux commerciaux sont moins onéreux dans la Péninsule ibérique, car la crise immobilière espagnole a laissé des traces. Mais, comme dans l’industrie du luxe, toute banque privée digne de ce nom doit ouvrir ses bureaux au sein d’artères prestigieuses. A l’exemple de Pictet, installé dans le haut de l’avenue Diagonal, à Barcelone. Ou Lombard Odier, niché Paseo de la Castellana, à Madrid. (TDG)

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