«Le besoin du luxe croît partout dans le monde, du coup le marché explose»

Tribune de Genève - 15.09.2015

Un séminaire sur le luxe s’est tenu hier dans les locaux de la Fédération des entreprises romandes (FER) Genève sur fond d’inquiétudes. Le secteur, essentiel sur l’arc lémanique, est ballotté entre l’essoufflement de la Chine, le franc fort et la reprise qui se dessine outre-Atlantique.

Des aléas qui ne tracassent pas Jean-Noël Kapferer, professeur à l’institut Crea, à Genève, et coauteur du live Luxe oblige. Entretien.

Quels sont selon vous les principaux défis auxquels est confronté le secteur du luxe?

La dévaluation du yuan ou la croissance moins folle qu’auparavant en Chine ne m’émeuvent pas. Il y aura toujours des accélérations et des ralentissements épisodiques. C’est à long terme que le secteur du luxe doit regarder. Il fait face à un succès largement imprévu; or, la rareté est au fondement de la valeur qui fait le luxe. L’industrie doit dans ce cadre également appréhender Internet, ce qu’elle n’a pas encore su bien faire. Le développement durable est aussi un défi. Le luxe est un excès, même si le luxe n’est pas jetable. Une grande montre, on la garde.

Les ventes en baisse en Chine ne vous préoccupent donc pas?

Non, même si selon le cabinet Bain & Company 29% des achats de luxe personnels ont été le fait de Chinois en 2014; c’est énorme. En Chine, les belles montres ont longtemps été associées à la corruption – il y a même eu une bulle fondée sur ce marché du cadeau – et l’industrie a fermé les yeux en surfant sur cette vague. La réaction des autorités (ndlr: qui ont durci l’arsenal législatif en la matière) fait qu’on revient à une croissance normale.

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